1812 : un miraculé, Jean Marie BONTOUX
Cette histoire se passait en 1812, en Prusse Orientale (maintenant province polonaise), pendant la retraite de Russie.
L'histoire de Jean Marie
Un vrai événement du temps de la Prusse — Raconté par F. A. Quittainen
Près d'Elbing, à l'est, à la frontière de la Prusse orientale et de la Prusse occidentale, entouré de chênes magnifiques et de hêtraies, se trouve le village de Schönmoor. Le dur hiver de 1812/13 avait commencé ! La population de Schönmoor consistait alors en un garde forestier royal, un autre forestier, plusieurs agriculteurs et un forgeron de village. Les habitations se composaient de petites maisons de bois très basses couvertes de toits de chaume. Une seule, celle du préposé à la charge de garde forestier, s'en différenciait par sa construction massive. Le village, profondément enneigé, se trouvait au milieu de la forêt. Les petits volets multicolores restaient clos le plus souvent, même dans la journée, pour se protéger du froid. En ce temps-là, les anciens se contentaient de moins de lumière.
Autour, la neige et la tempête avaient de nouveau fait de nombreux dégâts. La hauteur de la couche de neige dissimulait à la vue certaines petites fermes presque jusqu'au toit. Aucune créature ne s'aventurait dans les rues du village et seule la fumée montant de certains toits évitait à l'endroit de donner l'impression d'un lieu abandonné. Seuls des hommes chaussés de hautes bottes et vêtus de courtes fourrures de mouton s'activaient à la porte des maisons. Avec des pelles en bois, ils se frayaient un passage dans la neige jusqu'à la fontaine ou l'étang du village. L'eau nécessaire aux gens et au bétail pour le jour suivant ne devait pas tarder à être puisée. Dans les familles dont les hommes étaient mobilisés dans la Grande Armée de Napoléon, les femmes s'occupaient de porter l'eau. Chaussées de hautes bottes d'hommes, leurs grosses jupes en serge, bleues ou vertes, très retroussées devant elles, couvertes des fourrures de mouton masculines, ces femmes paraissaient d'étranges personnages. La neige profonde rendait nécessaire l'usage de longs bâtons.
— « Maintenant, nous sommes sûrs, avec cette neige et ce froid, que les Français vont devoir tous s'enfuir précipitamment », disait le forgeron du village.
— « C'est cependant assez malheureux », rétorquait un vieux paysan. « Je pense à nos jeunes qui se trouvent aussi en campagne, et qui ont à souffrir de ce dur hiver autant que les Français. Nous, vieux Prussiens, supportons déjà bien ce coup ; eux, si le froid ne devient pas trop vif, ils se débrouilleront sûrement. »
— « Ah, mon cher Dieu », cria une femme qui était tombée dans la neige et se relevait péniblement, « ceci aussi peut arriver à mon mari : si, toutefois, il est encore en vie, et Dieu seul sait où. »
— « Sois contente », répondit une autre, « la dureté de l'hiver est, peut-être, aussi une bonne chose pour nous, car, maintenant, il est impossible pour personne de faire la guerre. Sans doute qu'ils renverront bientôt nos hommes à la maison. Cependant, je me dis seulement que si autant de Français reviennent de Russie, vont-ils recommencer ici au printemps, de nouveau comme avant ? »
— « Après cela, ça ne semble pas possible », répondait le forgeron du village. « D'après ce que j'ai entendu récemment à Elbing, les Français doivent en avoir assez de la Russie et de la Prusse. Ils errent complètement désemparés, ils ne portent même pas de bottes de cuir et, en plus, beaucoup ne possèdent plus ni fusils ni sabres. Je pense que ceux-ci voudraient volontiers rentrer chez eux, et au pas de course. »
— « Écoute un peu ce que j'en pense », s'écria un paysan, voisin du garde forestier. « Aujourd'hui, notre garde forestier est allé à Elbing malgré ce temps de chien. Dans ma tête, j'ai réfléchi et je lui ai déconseillé le voyage, en vain ; il est parti en disant que ses deux mulets bruns le ramèneraient rapidement à la maison. Il m'a raconté que les Français doivent se trouver en déroute. Le Grand Napoléon aussi doit s'être enfui et ne commande plus rien. Ainsi, si Dieu le veut, un autre temps arrive pour nous. »
— « Mords-toi la langue », répondit le forgeron ; « si un Français entend cela, la manière dont tu parles du Grand Napoléon, ça pourrait très mal aller pour toi. »
Le froid tourmentait les corps de ceux qui parlaient et de ceux qui écoutaient ; ils se dépêchaient de rentrer dans leurs maisons avec les derniers seaux d'eau. Avec l'arrivée de l'obscurité, le village était, de nouveau, tout à fait calme. Maisons et écuries étaient bien verrouillées, ce qui assurait une meilleure sécurité. Dans la maison du forestier, les volets d'une fenêtre étaient restés ouverts. De la fenêtre émergeait une lueur de pâle lumière qui se perdait dans les branches des vieux tilleuls. Dans la pièce, la femme du forestier se tenait assise sur une banquette à côté de la cheminée. Son fils adoptif de 8 ans ajoutait de temps à autre un copeau résineux au feu de cheminée qui éclairait faiblement la pièce. Rapidement, il se retournait et jetait un coup d'œil à travers les vitres.
— « Chère petite mère », demanda-t-il, « le père n'est pas encore près de rentrer. Fermez le volet, autrement des Français vont nous tomber dessus. » Sa mère adoptive le calma ; cependant le petit s'assit, tranquillisé, à côté d'elle sur la banquette.
— « Chère petite mère, parle-moi de nouveau de la guerre. Quel âge j'avais quand elle a commencé ? »
— « Chante d'abord avec moi les cantiques du livre que je t'ai enseignés, et alors je te raconterai encore la guerre. »
— « Tu avais trois ans », racontait-elle, « quand les Français arrivèrent chez nous. Ils amenaient avec eux les frayeurs et l'affliction sur notre pays. Les tourments les plus terribles étaient la faim et les maladies. Tout ce que nous possédions à manger nous était pris. Même notre vache fut emportée hors de l'écurie et tuée. Cher Dieu, veuille seulement nous préserver d'être pillés de nouveau comme alors. Il ne nous restait plus grand-chose pour calmer notre grande faim. C'était un bonheur pour nous quand le froid disparaissait de bonne heure. Nous creusions la terre. Nous apprêtions les racines des herbes et mangions cela. De même, les chatons des buissons de noisetiers et d'aunes étaient cuits et mangés. Le tout avait un goût très amer et mauvais. À cause d'une telle nourriture, les gens tombaient malades. Les visages enflaient et devenaient rouges. Les plus grands mouraient de cette maladie, comme tes parents. Enfin, dans la nécessité la plus amère, l'aide est arrivée. Du son et une grossière farine nous ont été livrés et distribués et, avec cela, nous pûmes calmer, tout au moins provisoirement, notre faim. »
Le petit avait oublié d'entretenir le feu : il faisait sombre dans la pièce. Pendant que la femme du forestier ravivait le feu, on referma le volet de l'extérieur. « Le père vient d'arriver », s'écria le petit. Un grand homme marchait dans le local d'habitation. C'était le forestier Stein. Son fils adoptif apporta le tire-botte et l'aida à retirer ses lourdes bottes.
— « Le chef-forestier d'Elbing est arrivé maintenant seulement », raconta le forestier à sa femme, « les chemins sont si enneigés qu'il a dû faire des détours jusqu'à tout près d'ici. Tout Elbing fourmillait de Français. Comme le chef-forestier l'a suggéré tantôt, ils doivent être en pleine retraite vers la France. Il sait avec certitude que Napoléon s'est enfui depuis longtemps ; son armée de terre le suivra de la même manière. Il espère que, les Français bientôt partis, nous sortirons aussitôt du tourment et qu'avec ce changement, le commerce reparte rapidement. Dieu veuille qu'il en soit ainsi. »
Tôt le jour suivant, le forestier Stein était déjà dans son district de forêt. Il était allé ramasser son bois de chauffage. En chemin, en pleine forêt, il suivait la trace du traîneau du chef-forestier de la veille. En regardant autour de lui, il remarqua un objet encombrant le chemin. « Là, le chef-forestier a sûrement perdu une couverture. Je ne peux pas la laisser », pensa-t-il intérieurement.
Quand il se fut approché de l'objet, il s'écria : « Seigneur Dieu, c'est une personne, un Français déguenillé ; vit-il encore ou est-il déjà mort ? » Vite, il sauta à terre, secoua le corps étendu et essaya de lui parler ; cependant celui-ci ne donnait aucun signe de vie. Bref, le forestier se décida à mettre le Français sur ses épaules et le porta à grand-peine dans son logement.
— « Appelle vite le forgeron », dit-il à sa femme, « dans la forêt, j'ai trouvé ce Français gelé ; nous devons tout essayer pour le ramener à la vie. » Les deux hommes frottèrent le corps inconscient un certain temps avec de la neige. Lentement, il revenait à la vie. Madame Stein avait préparé une camomille chaude que le Français lapa avidement. « Le Seigneur Dieu sauvera celui-ci, mais combien cependant peuvent mourir dehors », dit le forestier Stein pendant qu'il considérait le miraculé. Le Français bredouillait certains mots dans sa langue natale qui n'étaient pas compris par les assistants.
Stein avait informé le forestier en chef du fait qu'il avait trouvé le Français. Le jour suivant, le forestier en chef arriva avec sa femme. Le Français paraissait dépéri, misérable et assez sale, ses cheveux hirsutes depuis longtemps. L'épouse du forestier en chef s'effraya quand elle le vit ainsi. Cependant, comprenant la langue française, elle se rendit vite compte qu'il s’agissait d'un véritable Français. « Il s'appelle Jean Marie Bontoux, est âgé de 24 ans, ses parents habitent en France près de la frontière espagnole, où son père est maire et possède un vignoble. D'après sa conduite, c'est une personne convenable. Il demande du fond du cœur qu'on ne le mette pas dehors, mais qu'on le laisse ici pour qu'il se repose. »
Le forestier en chef se décida à confier provisoirement le Français à la charge du garde-forestier. Quelque temps après, pour la première fois, il put convenablement nettoyer tout son corps ; le forgeron du village lui coupa les cheveux et le forestier en chef lui procura des habits convenables. Jean Marie était méconnaissable. Le Français dépéri s'était transformé en un grand jeune homme imposant. Chaque fois que le forestier Stein, pris par le devoir de sa charge, avait à faire, Jean Marie demandait à son épouse de lui exprimer sa reconnaissance pour lui avoir sauvé la vie. De temps à autre, il racontait à celle-ci ses souvenirs de l'expédition, comment Moscou avait pris feu. Au cours de la retraite, il se serait écarté de son corps de troupe avec trois camarades. Affamés et frigorifiés, ils se seraient débrouillés de semaine en semaine en mendiant. L'un après l'autre, ses camarades moururent. Enfin, Jean Marie, resté seul, ne savait plus s'il se trouvait encore en Russie ou déjà en Prusse. Ainsi vint la dernière nuit au cours de laquelle il tomba dans le sillon du traîneau. Dans l'espoir de trouver un logis, il en avait suivi la trace avant de s'écrouler dans la forêt, recroquevillé, sans connaissance. Plus Jean Marie se reposait de ses fatigues, moins il se tournait vers la pensée de son avenir. Il avait abandonné l'intention de rejoindre son armée depuis longtemps. Aussi bien, il ne plaisait plus du tout aux Prussiens qu'il s'en aille. Son caractère l'avait rendu populaire. Pendant qu'il se donnait beaucoup de peine pour apprendre la langue allemande, le garde-forestier accompagné de Stein l'aidait et lui enseignait les métiers de la forêt. « Ce Français est un gars habile et fougueux », déclarait un jour Stein au garde-forestier, « au point que, là où je tire au fusil, il jette un caillou avec une telle puissance que celui-ci vole en sifflant dans l'air. Pour la nage, personne ne l'égale ; il est comme un poisson dans l'eau. »
Deux ans avaient passé. La Prusse était libérée du joug des Français et la paix conclue. Jean Marie, qui n'avait pu correspondre avec ses parents en France qu'après la conclusion de la paix, était devenu un aide-forestier habile. Souvent il se rendait sur le lieu dans la forêt où il était tombé cette nuit d'hiver. Il élevait alors son regard au travers du dôme de verdure dense vers le ciel pour présenter au Créateur sa gratitude pour Lui avoir sauvé la vie.
Un beau jour d'été, Jean Marie se trouvait à Schönberg situé en plein district de Schönmoor. Au milieu de la forêt, il fut accueilli par le chant joyeux d'une voix féminine. Avant que la fille ne pût remarquer qu'il venait, il se cacha dans un buisson pour ne pas déranger la chanteuse. Le chant résonnait plus distinctement et plus proche. C'était, connue de lui, une mélodie de sa patrie. Sur ses joues, au souvenir plein de mélancolie de la maison paternelle, des larmes coulèrent. « Comme elle est belle et quelle voix gracieuse elle a », pensa-t-il, alors que la jeune fille, menant en laisse un chien de chasse, passait devant sa cachette. Un sentiment encore plus profond s'empara de lui tandis que la fille disparaissait à ses regards dans la direction de Schönmoor. Aussi, où qu'il pût être les jours suivants, il voyait et entendait toujours dans ses pensées la chanteuse de la forêt. Un jour où le chef-forestier lui avait confié une mission chez le forestier Hippler, il se rendit chez ce dernier, à Neumünsterberg. Madame Hippler prit le Français en sympathie. Jean Marie se figea de surprise quand la fille de madame Hippler entra dans la pièce. C'était la chanteuse qui lui avait fait une si grande impression. Sans évoquer le souvenir de ce jour, il fit ses adieux en exprimant sa reconnaissance pour l'accueil qui lui avait été réservé.
— « Mère », dit la fille quand il fut loin, « pourquoi avez-vous invité ce Français vagabond pour le repas ? Il faudrait accueillir volontiers tous les vagabonds ! »
— « Tu ne peux parler ainsi, Karoline », répondit madame Hippler, « c'est une personne convenable et brave. Le Seigneur Dieu l'a sauvé d'une manière miraculeuse, c'est pourquoi nous devons aussi Lui prouver notre respect et notre amour du prochain. »
Jean Marie s'était considéré jusqu'à maintenant comme faisant partie des personnes malchanceuses, mais un grand changement se produisit après cette rencontre. Il lui semblait qu'une bonne étoile devait s'élever pour lui grâce à la fille du forestier. Il tint son vieil ami fidèle Stein dans la confidence. Pendant qu'il lui faisait part de sa sympathie et de son amour pour Mademoiselle Hippler, Madame Stein avait appris que des parents des Hippler voulaient déménager à Schönmoor et que Karoline serait alors, peut-être, plus souvent ici. Ainsi arriva-t-il. Jean Marie remarquait lors de telles visites comment le fils d'un propriétaire, Wilhelm Schwarz, s'efforçait d'obtenir la faveur de Karoline. Cela lui faisait mal, car il lui semblait clair qu'elle préférerait ce dernier et le repousserait à cause de son origine. Événement inattendu, Karoline venait intentionnellement séjourner plus longtemps à Schönmoor. Si Wilhelm Schwarz était occupé ailleurs, Jean Marie y restait bien aussi, espérant la rencontrer.
De nouveau, l'été arrivait dans le pays. Un jour de grosse chaleur, Wilhelm Schwarz menait ses chevaux boire. Il s'aventura trop loin avec ceux-ci dans un endroit profond ; il glissa du cheval et s'enfonça dans l'eau. Ne sachant nager, aucun des assistants ne pouvait l'aider. On prévint le Français de ce qui s'était passé. Dans l'instant, il se jeta à l'eau pour tenter de sauver Wilhelm Schwarz. Événement tragique : après trois tentatives infructueuses, il réussit à ramener l'accidenté à la surface puis à terre, mais toutes les tentatives de le ramener à la vie restèrent vaines. « Il a reçu un choc, et celui-ci a mis fin à sa jeune vie », dit-on alors.
Jean Marie avait passé plus de cinq ans dans Schönmoor. Pour régler sa situation, il lui manquait de l'argent et surtout les documents nécessaires de son pays natal. Il ne pouvait arriver à posséder ces papiers que si, comme son père lui avait écrit, il se rendait lui-même en France. Le voyage était une entreprise risquée ; une dénonciation pouvait lui être fatale, puisqu'on l'aurait traité comme un déserteur. Malgré cela, il se décida à entreprendre le pénible voyage. Le négociant en vin Wolff d'Elbing, qui achetait par hasard ses vins chez son père en France, avança l'argent du voyage ; son père effectua les paiements pour le vin en guise de soutien financier.
* * * * *
Des mois avaient passé, on doutait du retour de Jean Marie. Seul le forestier Stein ne faisait pas partie des sceptiques. Celui-ci savait que si Jean Marie n'était pas retenu contre son gré, il reviendrait pour Karoline Hippler à qui il se destinait déjà. Et il ne se trompa pas.
Avec ses papiers et plusieurs centaines de Thalers en poche, Jean Marie arriva sain et sauf un matin à Schönmoor. Maintenant, son aspiration était de se rendre indépendant. À Schönmoor, il acheta un terrain à un paysan avec l'intention d'y construire un café. Par Stein, il avait appris que Karoline Hippler ne serait pas opposée à l'épouser. Déjà il croyait avoir atteint son but, quand une lourde maladie le cloua au lit pendant des semaines entières. Son état s'aggravait ; il abandonna, soumis à la volonté divine, son espoir de guérison et désigna Karoline Hippler comme son héritière. Sa robuste nature avait surmonté tant de fatigues qu'elle finit cependant par maîtriser cette maladie. Le forestier Stein, accompagné de sa femme et de Jean Marie, alla le dimanche suivant sa guérison rendre visite à son collègue Hippler à Neumünsterberg. De ce jour, Karoline et le Français devinrent d'heureux fiancés. Après le mariage auquel tous ses bienfaiteurs participèrent, Jean Marie se fit restaurateur à Schönmoor et Karoline Hippler devint la femme du restaurateur. Enfin, après de longues et pénibles années, le calme était revenu dans sa vie agitée. Tant pour le respect que pour la confiance dont il jouissait dans la commune, il occupa plus tard le poste d'édile du lieu jusqu'au terme de sa vie. Après un heureux mariage et une existence laborieuse, Jean Marie mourut à Schönmoor, à l'âge de 58 ans. Ceux de nos aimables lecteurs qui se souviennent encore de la vieille grand-mère, appelée « madame Ponto » dans l'Hildebrandtschen, plus précisément de la maison d'hôtes à Haguenau (le cercle de Mohrungen), apprendront que cette madame Ponto était Karoline Hippler, la chanteuse de la forêt de Schönmoor qui décéda là-bas en 1882.